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Clara - "Vivre ma passion en étant plus alignée avec moi-même "


Clara - Je suis Clara, je suis designer de services. Généralement quand je me présente comme ça, personne ne sais ce que ça veut dire ! Mon sujet, c'est d'accompagner des entreprises à repenser leur expérience usager pour délivrer des expériences remarquables à leurs clients.


Ce qui m'intéresse, c'est comment le design sous toutes ses formes (couleurs, matériaux, luminosité, son, signalétique...) influence notre état émotionnel. Nos espaces, qu'ils soient physiques ou digitaux, ont un impact à la fois sur nos relations et nos sentiments (sérénité, enthousiasme, etc.). Ce sont des sujets auxquels je pense en permanence tout le temps, y compris en dehors du travail.


Ta vocation professionnelle occupe une grande place dans ta vie, pourquoi as-tu choisi de travailler à Paris ?


J'ai toujours été intéressée à la fois par le design et les politiques publiques. Lorsque j'ai commencé à travailler à Lyon, j'avais le sentiment que c'était à Paris que les choses les plus enthousiasmantes se passaient dans mon domaine. Ce que j'ai apprécié en arrivant à Paris, c'est que les personnes autour de moi étaient là par vocation professionnelle, tout le monde était très engagé, investi à 2000%. J'avais l'impression qu'ils oeuvraient pour une cause et c'est ce qui m'a séduit.


A l'époque, cette citation était mon leitmotiv :


"Choisis un travail que tu aimes, et tu n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie". Confucius

Cette citation nous encourage à faire à faire des métiers passions qui occupent le premier plan de nos vies. Aujourd'hui, je reviens un peu sur cette vision. Les évènements ont fait que j'ai pris conscience que la santé mentale et physique est le terreau de nos vies et que la qualité de ce terreau est la condition sine qua non à notre épanouissement.


J'ai oublié trop longtemps que la santé est le garant de tout : si tu n'es pas en bonne santé, tu peux avoir des relations amoureuses et amicales incroyables, des projets très épanouissants, plus rien ne va bien et n'est agréable pour autant.



As-tu l'impression que ta passion pour le design prend une place trop importante dans ta vie ?


Oui, le design et plus globalement le business. Dès qu'on me parle d'une passion ou d'un nouveau sujet je me demande comment le transformer en projet. Dans tout ce que je fais, même en vacances ou lorsque je rencontre une nouvelle personne en soirée, j'ai le réflexe de chercher quel est le lien que je peux tisser avec mes projets professionnels. Même lorsque je sais qu'il n'y a pas de rencontre possible entre mes projets et ceux de la personne en face de moi, je ne peux m'empêcher de lui proposer de la mettre en relation avec mon réseau. C'est viscéral, je vois tout sous le prisme du business et ça fait beaucoup rire mes proches. Mais mon cerveau ne s'arrête jamais de vouloir faire des ponts. J'essaye d'apprendre à savourer les informations reçues et de les prendre pour ce qu'elles sont tout simplement. Pas simple !


Mais aujourd'hui, j'ai pris conscience que ma passion ne doit pas forcément prendre 100% de mon temps. Pour être dans les meilleures conditions pour travailler, j'ai réalisé qu'il faut s'accorder du temps à soi-même. On est comme des plantes : il faut être arrosée, prendre le soleil et du repos, faire des activités liées au bien-être pour se sentir bien, et paradoxalement c'est cela qui nous rend plus efficaces. Déconnecter est le moyen le plus efficace de trouver des solutions à nos problématiques, c'est le principe même du phénomène d'Eureka qui se produit uniquement quand notre cerveau se "laisse aller".



Comment vis-tu ton burn out ?


Pour m'être beaucoup renseignée sur le sujet : les signes du burn-out peuvent être présents depuis plusieurs années ou plusieurs mois. C'est ce qui m'est arrivé, mais je n'ai pas écouté les alertes. Le jour où les symptômes se déclenchent vraiment c'est très violent : ton corps ne veut plus suivre, tu as une capacité de concentration réduite à 30 minutes maximum, des maux de tête du matin au soir, le sentiment que ton coeur va se stopper (la spécificité de mon burn out est celui du Tako-Tsubo qui survient après un évènement choquant qui te brise littéralement le coeur), tu as du mal à dormir mais tu te réveilles quand même 2h avant ton réveil, tes rêves sont peuplés d'angoisses... Tu es obligé de t'arrêter tu n'as plus le choix.


Ce qui est incroyable c'est que malgré tout, je crois qu'il faut finalement le voir comme une chance : les personnes qui font un burn-out n'ont pas d'autre choix que de changer leur mode de vie.


C'est comme une intoxication alimentaire avec des sushis pas frais : même si tu adores ça et tu en mangeais plusieurs fois par semaine, tu ne pourras plus les consommer comme avant. Tu fais un tel rejet que tu es obligée de revoir entièrement ce qui est bon pour toi. C'est de la survie, si tu continues dans le même schéma on t'explique que tu risques de faire un arrêt cardiaque. Tu as beau avoir 27 ans, on t'observe avec l'attention que l'on donnerait à un corps qui a 87 ans.


Quand tu finis enfin par t'arrêter, tu te rends compte qu'il y a plein de choses que l'on ne s'autorise pas parce qu'on a peur. Mais alors que tu pensais que t'arrêter était impossible, c'est lorsque tu n'as plus le choix que des solutions émergent alors que tu n'y avais pas pensé. Ma citation leitmotiv en ce moment serait plutôt :


"Saute et un filet se déploiera"

Il faut écouter ton corps et tes intuitions car il t'amènent à bon port.



Et pour toi prendre soin de toi, ça revient à changer quoi ?


C'est de réaliser que la qualité de ce que je propose n'est pas proportionnelle à mon temps passé à travailler. Il m'est arrivé de revenir de congés (je précise que jusqu'ici j'ai toujours travaillé pendant une partie de mes congés, je ne décrochais pas vraiment même quand j'étais épuisée) et d'être surprise de mon efficacité retrouvée. Travailler moins longtemps permet d'être plus créatif, plus efficace.


Je ne changerai pas de métier car c'est ma vocation, mais je vais revoir mon équilibre en fonction de mon énergie. C'est OK pour moi de travailler certains week-ends, mais je compense en déconnectant à d'autres moments dans la semaine.


"Je ne me vois plus habiter dans une seule ville. "


De plus en plus, j'ai envie d'habiter un peu partout. Je vais faire construire une maison à Davayé près de Macôn, au milieu des vignes. Je me vois bien travailler à Lyon, à Biarritz, à Paris et à Mâcon, je me sens de moins en moins à l'aide à l'idée d'être rattachée à une seule ville. Les villes ont elles aussi une énergie qui leur est propre et elles nous influencent beaucoup. On a besoin de pouvoir changer d'air pour équilibrer notre propre énergie.


A chaque instant, il faut essayer de trouver le lieu le plus adéquat en fonction de l'activité que l'on veut faire. J'ai conscience que c'est un luxe de pouvoir le faire.


Je suis la première à penser que les environnements dans lesquels on se trouve influencent notre état émotionnel.


Toi Marie, tu as voulu te mettre à écrire et tu as décidé de partir quelques jours en bord de mer. J'aimerais aussi explorer ça dans mes activités professionnelles : travailler dans des hôtels en CoLiving et pouvoir faire des pauses face à l'Océan ou en marchant dans la campagne. Je vois Paris plutôt comme un point de chute occasionnel, mais en gérant mes déplacements par rapport à mes besoins.



Quitter Paris, ça ne pénaliserait pas tes activités pro ?


J'ai la chance de travailler avec des partenaires qui sont à la fois à Paris et en Région Rhône-Alpes. La vie nous donne parfois des coups de pouce, le hasard a fait que les personnes avec qui je travaille sont issues de la même région que moi : mon associée Laura vient de Mâcon, Mathilde l'une de mes partenaires principales travaille à la fois à Lyon et à Paris et elle vient aussi de la région de Mâcon.


Mon rêve c'est que dans la maison que nous construisons avec Quentin, je puisse accueillir des partenaires avec lesquels je travaille, leur permettre de déconnecter quelques jours en faisant avancer nos projets la journée et en créant du lien le soir. Quand il y a une bonne synergie, une bonne entente, je suis convaincue que c'est là que l'on crée les meilleures innovations.



Qui seraient tes partenaires idéaux ?


Pour moi le luxe ultime dans la vie c'est de pouvoir choisir avec qui tu travailles, qui tu fréquentes...ou ne fréquentes pas. S'entourer d'une diversité de profils c'est génial pour enrichir ton projet de plusieurs points de vue, mais ce qui est encore plus important c'est que leurs leurs valeurs soient en cohérence avec les tiennes. C'est devenu essentiel pour moi. Travailler avec des personnes dont les valeurs sont aux antipodes des miennes, ce n'est plus possible.


Mes partenaires idéaux sont des gens authentiques, dont les valeurs matchent avec les miennes :


  • ma première valeur - l'énergie : car on est tous responsables de notre énergie. Les émotions et l'énergie sont le virus le plus important de la planète : lorsque j'arrive à un diner dans une mauvaise énergie cela impacte ma relation avec les personnes présentes et je dois m'en sentir responsable car le moment que l'on passe en est impacté. Rien qu'en en ayant conscience, je peux réguler certaines situations.


  • ma seconde valeur - l'Amour : l'ensemble des choix que je fais doivent être en accord avec l'amour que je porte pour ce choix : qu'il s'agisse d'une décision dans le cadre d'une relation, de choisir un plat au restaurant, de choisir un partenaire ou de me lancer dans une activité. Je suis convaincue que si l'on fait nos choix au regard de ce que l'on aime plutôt que pour le regard des autres ou le sentiment d'obligation, notre épanouissement et la réussite de nos projets sont décuplés.


  • ma troisième valeur - l'ouverture d'esprit : c'est un débat que j'ai souvent avec mes amis, sur l'opportunité de mettre ses enfants à l'école privée ou publique. Au collègue j'ai été placée dans le public, et j'ai côtoyé des camarades qui venaient d'univers variés et avaient des vies très différentes de la mienne. C'est le seul moment de ma vie où ça a été le cas, car un tri se fait après le collège, puis on choisit nos études et notre milieu professionnel où l'on travaille avec des personnes qui nous ressemblent (même si dans mon métier être en contact avec des usagers apporte cette ouverture d'esprit).Si on sait que certains font face à davantage de difficultés, on n'en n'a pas vraiment conscience lorsque l'on ne le vit pas au quotidien. Pour moi, être ouvert d'esprit permet d'être plus tolérant, je s'ajuster à la personne en face.


  • ma quatrième valeur - l'esprit d'équipe : plus que la notion de coopération ou de partenariat où chacun doit faire sa part du contrat, je suis très attachée à l'esprit d'équipe qui est plus intuitif et spontané. Si tu es en galère je t'aide et c'est ensemble qu'on progresse, qu'on avance et qu'on réussit.


  • ma ciniquième valeur - l'intuition : dans notre éducation on nous apprend surtout à être rationnel (on nous apprend les probabilités, les règles de cause à effet, et plein d'autres règles scientifiques) mais pas à écouter notre intuition. L'intuition c'est l'addition entre nos cinq sens et nos expériences vécues : elle ne ment pas, c'est 100% nous. On a trop tendance à passer sous silence nos émotions et notre intuition car ce ne sont pas des choses factuelles, tangibles, on ne les maitrise pas bien. Mais c'est notre ressenti qui nous envoie un message basé sur nos ressentis et nos expériences, et cela vaut autant voir plus que toute la rationalité de notre cerveau.

















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Ecrivain, blogueuse, consultante, artiste, future thérapeute. Je réinvente mes activités ayant à coeur de refléter mes passions et d'être en phase avec moi-même. 

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